Quand tu te lances dans un nouveau projet professionnel tu n’as qu’une envie, c’est que ça marche.
D’autant plus quand c’est une reconversion ou une création d’entreprise.
Tu veux tout faire pour que ça marche.
Avant de te lancer tu essaies de tout border, tu cherches à anticiper ce qui va se passer dans 6 mois, 2 ans, 10 ans, et cela avant même d’avoir empoché le moindre centime d’euro.
Tu dépenses un temps fou à dénicher le meilleur local, tu investis dans les meilleures formations, tu peaufines ta charte graphique avant d’avoir exécuté la moindre tâche.
Et tu réfléchis, tu rêves même …. C’est agréable de rêver, n’est-ce pas ?
Tout va bien … enfin presque
Et bien sache que ce comportement est normal. Ça te permet d’assurer ta sécurité et d’éviter certains écueils. Dans notre société le contrôle de soi est ce qu’on nous apprend dans le but de nous rendre sociables. La plupart du temps c’est très utile d’anticiper et de bien faire.
Renoncer à ce contrôle pourrait être perçu comme un renoncement à la sécurité et personne ne veut renoncer à la sécurité.
Mais cette volonté de bien faire peut freiner le passage à l’action et c’est ce que je remarque chez certaines personnes que j’accompagne.
A quel moment cette volonté de bien faire devient contre-productive et retarde, ou bloque, ton avancement?
Mais que se passe-t-il ?
Je te propose une hypothèse de ce qui se passe peut-être pour toi à ce moment-là. Dans cette situation d’évolution professionnelle tu te trouves dans une situation nouvelle et inconnue. Ce qui sous-entend que tu n’as pas l’entier contrôle sur la situation.
Et quand tu cherches à tout anticiper au mieux c’est une manière de vouloir prendre le contrôle sur quelque chose d’incontrôlable.
Un peu comme si tu tirais sur la tige d’une plante pour la faire pousser plus vite !
Dans cette situation nouvelle tu es obligé de composer avec ce que tu ne peux pas contrôler : à la fois ce qui vient de l’extérieur (les autres, l’administration, la loi, …) et ce qui vient de l’intérieur (tes émotions comme la peur ou le stress, tes croyances, …)
Et je ne sais pas pourquoi l’être humain qui se croit toujours plus malin que les autres est convaincu qu’il faut absolument faire quelque chose, alors que parfois il faut juste attendre, accepter et faire avec.
Parce qu’en plus, tu l’as remarqué, agir n’est pas toujours efficace. C’est même usant et quand c’est contre-productif c’est le meilleur moyen de douter de ses capacités voire de renoncer.
C’est comme un sportif qui se dépense sans compter à l’entrainement, se retrouve épuisé au moment de la compétition et jure qu’il s’entrainera mieux et plus la fois suivante.
Ah oui, autre chose. La tentative de contrôle de la situation, au prétexte de vouloir bien faire, permet d’éviter de se confronter à la réalité et donc à l’échec potentiel. Ça évite aussi de prendre le risque de réussir.
Et après, on fait comment ?
Et bien déjà on comprend ce qui se passe, ce qui est déjà une manière de prendre un peu de recul.
Et puis on peut décider d’agir, de passer à l’action en acceptant le risque à sa juste mesure. « Le chemin se fait en marchant ». Et puis on peut se faire aider pour ne pas rester seul et s’engager vis-à-vis d’autrui.
Deux citations pour terminer
« Le mieux est l’ennemi du bien »
Montesquieu
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »
Marc-Aurele